Questions fréquentes

Le tatouage d'aréole est-il remboursé ?

Un droit existe depuis 2005, à 125,40 € la séance. Il a été facturé treize fois en vingt ans. Ce que cela signifie concrètement pour vous, dit sans détour.

Par Claire Balleux ·

La question du remboursement est l'une des premières posées en consultation. Elle est légitime : la reconstruction de l'aréole intervient après plusieurs mois de traitements, à un moment où les frais se sont accumulés.

La réponse comporte deux volets. Un remboursement existe. Il demeure, dans les faits, presque inaccessible.

Ce que prévoit l'Assurance maladie

La reconstruction de l'aréole par dermopigmentation figure à la nomenclature des actes médicaux sous le code QEMB001, intitulé « séance de réfection de l'aspect de la plaque aréolomamelonnaire par dermopigmentation ».

Sa base de remboursement s'élève à 125,40 € par séance depuis janvier 2025. Elle s'applique aux patientes en affection de longue durée, catégorie qui inclut le cancer du sein.

Ce droit est ouvert depuis 2005.

Ni la 3D ni le trompe-l'œil ne sont en cause

Une confusion circule fréquemment : le tatouage 3D ne serait pas remboursé, contrairement à un tatouage dit médical. La formulation provient des réponses du ministère de la Santé.

L'intitulé de l'acte ne mentionne aucune technique. Il indique « par dermopigmentation », sans préciser le relief, l'effet recherché ni la méthode employée.

Le critère ne porte donc pas sur la manière de travailler, mais sur le statut de la personne qui réalise l'acte.

La condition qui change tout

La prise en charge est subordonnée à la qualité du praticien : l'acte doit être réalisé par un professionnel de santé formé à la technique — médecin, dermatologue, infirmière ou sage-femme.

Le gouvernement l'a confirmé à deux reprises, en réponse à deux députées, en février 2023 puis en juin 2025. Le ministère y indique qu'il n'est pas souhaitable, pour des raisons de sécurité et de qualité des soins, d'étendre cette prise en charge aux praticiens sans formation médicale.

Treize actes en vingt ans

Dans sa question écrite au gouvernement, la députée Christelle D'Intorni avance un chiffre : treize actes facturés à l'Assurance maladie depuis l'ouverture de la prise en charge en 2005.

Treize, dans un pays où des dizaines de milliers de femmes subissent une mastectomie chaque année.

L'explication tient en une phrase : les professionnels de santé autorisés à facturer cet acte le pratiquent rarement, et les praticiens qui le réalisent quotidiennement ne sont pas autorisés à le facturer. Le dispositif existe sur le papier sans rencontrer la réalité des cabinets.

Ce qu'il en est au cabinet

Je n'exerce pas en qualité de professionnelle de santé au sens de la nomenclature. Les séances de dermopigmentation réalisées au cabinet ne font donc pas l'objet d'une prise en charge par l'Assurance maladie. Cette information figure ici afin d'être connue avant la prise de rendez-vous.

Une facture détaillée est remise après chaque séance. Certaines complémentaires santé en prennent une part en charge : le cas s'est déjà présenté, sans constituer une règle. La démarche dépend de votre contrat et s'effectue par simple transmission du document.

Si le remboursement constitue pour vous une condition déterminante, il est préférable de l'indiquer dès le premier échange.

Et la prothèse Areolab ?

La prothèse Areolab ne relève pas de la même catégorie. Ce n'est pas un acte pratiqué sur la peau, mais un dispositif médical de classe I, marqué CE au titre du règlement européen 2017/745.

La distinction n'est pas qu'administrative. Un acte figure à la nomenclature des actes médicaux, comme le QEMB001 évoqué plus haut. Un dispositif médical, lui, suit une procédure d'inscription qui lui est propre pour ouvrir droit à une prise en charge.

Une étude clinique est en cours sur la prothèse. Elle évalue la tolérance cutanée, la qualité de vie et la perception corporelle chez cent patientes après mastectomie, sur une période de quarante-cinq jours. Ce type de données cliniques constitue un préalable à toute demande de prise en charge.

Aucune prise en charge n'existe à ce jour, et une étude en cours ne vaut pas promesse de remboursement.

Ce qu'il faut retenir

Un remboursement de 125,40 € par séance existe, réservé aux actes pratiqués par un professionnel de santé, pour les patientes en affection de longue durée. La technique employée n'entre pas en ligne de compte.

Ce droit a été utilisé treize fois en vingt ans.

Au cabinet, les séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Une facture est remise, et votre complémentaire santé peut en prendre une part en charge.

En savoir plus

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Sources